Compte courant rémunéré : est-ce intéressant ?

Avoir un compte courant rémunéré est une perspective plutôt intéressante au premier abord. Qu’en est-il en pratique ? Fonctionnement, fiscalité, points de vigilance.

Compte courant rémunéré : est-ce intéressant ?
Tout savoir pour choisir son compte courant

Tout le monde détient un compte courant par lequel transitent les salaires et autres ressources. Pour faire fructifier les sommes perçues, il faut procéder à des virements sur des comptes épargne rémunérés. Pourtant, le compte courant rémunéré existe. Peu connu, ce n’est pas un produit plébiscité par les clients. Détenir un compte courant rémunéré est-il intéressant ?

Qu’est-ce qu’un compte courant rémunéré ?

Lorsque l’on évoque la question des comptes rémunérés, cela renvoie généralement aux comptes épargne (Livret A, Livret d’épargne populaire, Livret de développement durable, etc.) ou aux produits de placement (Assurance vie, Plan d’épargne en action, …).

Le compte courant rémunéré est un produit bancaire qu’un client peut souscrire, généralement dans le cadre du package de l’offre de services proposée par l’établissement financier. Cette possibilité est ouverte depuis 2005.

Il s’agit d’un compte courant classique, mais générant des intérêts sur les sommes qu’il contient, une perspective qui peut, a priori, séduire de nombreux clients et faire jouer la concurrence entre établissements bancaires, mais également avec les banques en ligne.

Ce compte est associé aux services habituels (délivrance d’une carte de paiement, d’un chéquier, possibilité d’effectuer des virements et de mettre en place des virements, …).

Combien ça rapporte ?

La rémunération d’un compte courant n’est pas véritablement attractive. Elle oscille entre 0,5% et 1% brut par an.

Ce taux d’intérêt annuel est fixé librement par l’établissement bancaire. Celui-ci pourra ainsi le réviser, de façon unilatérale, pour tenir compte de l’évolution du taux de rémunération des livrets réglementés par exemple.

Comment sont calculés et versés les intérêts ?

Contrairement aux livrets réglementés comme le livret A, le livret d’épargne populaire, etc. où les droits à intérêts sont calculés par quinzaine, les règles de calcul s’appliquant aux comptes rémunérés sont différentes. En effet, les dépôts sont rémunérés tous les jours, en fonction du solde du compte.

Par ailleurs, les dates de versement de ces intérêts ne sont pas annuelles, comme pour les autres produits de placements, mais varient d’une périodicité mensuelle, trimestrielle et annuelle, selon les dispositions du contrat souscrit.

Les intérêts sont-ils imposés ?

La fiscalité applicable au compte courant rémunéré est beaucoup moins favorable que celle des livrets réglementés qui bénéficient souvent d’une exonération ou d’une réduction d’impôts.

Le taux d’un compte courant rémunéré ne correspond pas à un taux brut : pour obtenir le taux net, il convient d’y retirer la fiscalité. Les sommes perçues au titre des intérêts sont soumises à l’impôt, ce qui relativise d’autant plus la rentabilité du compte courant rémunéré pour le client.

Concrètement, les intérêts du compte viennent s’ajouter aux revenus imposables soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu s’ils dépassent 2 000 euros. Si ce n’est pas le cas, ils seront soumis, par défaut, au prélèvement forfaitaire unique de 30% lors de leur encaissement.

Souscription de compte courant rémunéré : point de vigilance

Avant d’opter pour un compte courant rémunéré, il est recommandé de rester vigilant sur les points suivants :

Les taux de rémunération des sommes transitant par le compte

Certaines banques proposent des taux de rémunération qui peuvent paraître alléchants (2 ou 3%). Cependant, ils s’intègrent le plus souvent dans des offres dont les conditions tarifaires conduisent in fine à une rentabilité bien moindre (frais de gestion de compte, etc.).

Les obligations générées par la détention d’un compte courant rémunéré

Le contrat commercial relatif au compte courant peut imposer au client diverses obligations annexes en contrepartie de la rémunération de ses dépôts.

En effet, la plupart des banques et des assurances conçoivent le compte rémunéré comme un produit d’appel qui sert à attirer de nouveaux clients et à leur faire souscrire d’autres options ou produits plus onéreux.

Le seuil de déclenchement des intérêts

Un solde minimum sur compte courant peut-être exigé par les banques pour déclencher les intérêts au bénéfice du client. Cette obligation n’est pas à prendre à la légère car le compte courant étant par définition un support ou sont imputées les dépenses, le passage en deçà du seuil minimum peut arriver rapidement et remettre en question la plus-value de ce produit !

Les frais bancaires

Rémunérer les sommes qui transitent par le compte courant génèrent une gestion que les comptes courants classiques n’ont pas. Par conséquent, certaines banques justifient l’application de frais bancaires qui peuvent se révéler fort élevés.

En synthèse, le calcul de rentabilité de ce produit devra donc prendre en compte ces frais de gestion, en plus de l’imposition des sommes placées, et des options annexes souscrites par le titulaire du compte courant rémunéré.

Les banques proposant des comptes courants rémunérés

Toutes les banques n’offrent pas la possibilité de souscrire un compte courant rémunéré.

La Caisse d’Epargne et Axa étaient les premières à se positionner sur ce marché. HSBC, Groupama Banque, Barclays, la MACIF, mais également les banques en lignes come Boursorama Banque, Monabanq ont par la suite également développé cette offre.

En pratique

Pour ouvrir un compte courant rémunéré, il n’y a pas de formalité particulière à accomplir, si ce n’est de présenter une pièce d’identité et un justificatif de domicile de moins de trois mois. Toute personne peut ouvrir ce type de compte, y compris les mineurs.

Le contrat commercial aura la même forme que celui relatif aux autres comptes bancaires. Comme expliqué ci-dessus, le bénéfice du compte courant rémunéré pourra néanmoins obliger le client à souscrire à d’autres offres commerciales liées.

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