Ida Macondo
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09 Avr, 2019 - 01:59
Faut-il être hypocrite au travail pour réussir ?

Faut-il être hypocrite au travail pour réussir ?

Ida Macondo

Être hypocrite au travail vous permet-il une meilleure réussite professionnelle ? Explorons ensemble la question.

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Faut-il être hypocrite au travail pour réussir ? La vie professionnelle n’est pas un long fleuve tranquille. Pour pouvoir s’intégrer et aussi réussir, il est important d’adopter un certain comportement. L’hypocrisie en fait-elle partie ?

Qu’est-ce que l’hypocrisie au travail ?

Voici la définition du concept hypocrisie selon le dictionnaire le Larousse : « Attitude consistant à dissimuler son caractère ou ses intentions véritables, à affecter des sentiments, des opinions, des vertus qu’on n’a pas, pour se présenter sous un jour favorable et inspirer confiance ».

Selon le magazine Marie-Claire, et suivant une enquête réalisée par le cabinet  Opinion Way : « le collègue de travail hypocrite agace beaucoup plus que celui à l’hygiène douteuse ».

Les valeurs du travail prôneraient donc l’honnêteté. En effet, être un bon travailleur, bon employé signifie avoir des compétences techniques, mais aussi relationnelles. Prouver ses mérites mais posséder une attitude professionnelle, en respectant ses collègues, leurs idées, en faisant preuve de patience, etc. Toutefois, le collègue “lèche-bottes” qui réussit professionnellement, existe bel et bien.

Est-ce vraiment nécessaire ?

Dans ce monde où chacun est prêt à tout pour réussir sa vie professionnelle (tout comme sa vie privée), il est quelques fois nécessaire de faire des concessions. Or, que sommes-nous prêts à sacrifier ? Nos idées ? Notre courage ? Être hypocrite au travail ressemble un peu à cela : une technique pour réussir. Et une technique qui fonctionne !

Un employé se trouvant dans une situation qui ne lui correspond pas ou ne lui convient pas peut agir comme si tout allait bien. Pourquoi ? Pour pouvoir être accepté, éviter les conflits quelques fois, ou s’intégrer.

Ne pas confondre adaptabilité et hypocrisie

L’adaptabilité, c’est savoir adapter sa façon d’être, de communiquer et de se présenter selon le contexte. Cela implique d’avoir une capacité d’observation afin de savoir quel comportement est le plus adapté, et d’être flexible afin d’agir en fonction.

Les personnes hypocrites ne se contentent pas de cela. Elles flattent les personnes qu’elles considèrent importantes, et qui seront susceptibles de les aider dans leur ascension professionnelle. Elles peuvent ainsi changer d’opinion et leur comportement pour faire plaisir.

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On peut néanmoins dire qu’elles ne sont pas sûres d’elles, en effet, elles n’expriment pas leurs réelles opinions. Au contraire, elles changent d’avis selon ce que pensent leurs supérieurs.

Chaque employé est différent, cependant au sein du groupe, il est quelques fois difficile de s’affirmer. Le problème avec cette méthode est d’oublier ce que l’on est, de ne plus être fidèle à soi-même, pour plaire aux autres ou se fondre dans le moule. Ne plus s’écouter, ne plus respecter ses désirs professionnels, ne plus être pour mieux paraître. Une telle attitude poussée à l’extrême ne peut-elle pas conduire au burn-out ?

Est-ce que ça paye ?

Des études montrent que les personnes qui défendent leurs points de vues à tout prix ont des évaluations plutôt négatives, et on leur donne moins d’opportunités d’assumer des postes hauts placés. Il est important de savoir distinguer les points importants sur lesquels vous devez continuer de discuter avec vos supérieurs, et les situations moins importantes du quotidien pour lesquelles on peut simplement dire “oui”, sans compromettre ses principes.
Certains prônent ainsi l’hypocrisie intelligente au travail. Cela consisterait à taire ses véritables projets pour pouvoir avancer en toute tranquillité. Dissimuler ses intentions, mais seulement pour se protéger et avancer, petit à petit.

À chacun de décider donc, en n’oubliant pas que réussir sa vie au travail signifie aussi adopter une attitude professionnelle et trouver un certain équilibre interne et externe.

Le coût psychologique de l’hypocrisie

Pour certains spécialistes, être hypocrite au travail coûte cher, psychologiquement. Ne pas suivre ses propres convictions, tout accepter ou presque lorsque l’envie n’est absolument pas présente, et acquiescer alors que l’on pense tout le contraire de ce que l’autre avance, sont des actions qui ont un impact sur la santé du travailleur.

Le magazine Slate.fr indique en citant une spécialiste de l’éthique : “La perception d’incohérences répétées peut notamment contribuer à la perte de sens du travail et à l’épuisement professionnel”. Cela signifie qu’à force d’appliquer des choses qui ne correspondent pas à nos valeurs, on devient moins impliqué au travail. En effet, on perd le sens et la valeur de ce que l’on fait, et tout cela peut à la fin conduire au burnout.

Être hypocrite a donc un impact sur la santé mentale, et aussi l’estime de soi. Or pour une meilleure productivité, une meilleure santé de l’entreprise, et donc des équipes de travail, il faut des travailleurs heureux et sains. Les responsables hiérarchiques doivent donc inviter les employés à ouvrir le dialogue. C’est avec une meilleure communication que le problème de l’hypocrisie peut se résoudre au travail.

Survivre aux hypocrites

De nombreux sites Internet comme Neonmag proposent des guides de survie aux hypocrites au travail, en apprenant à décrypter certaines expressions. À prendre au second degré, bien sûr !

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