Préavis d’un mois pour quitter une location meublée : le délai démarre à la réception du congé. Dates, dernier loyer au prorata et erreurs coûteuses expliquées.
Location meublée : 1 mois de préavis, les dates à vérifier et les erreurs coûteuses
By Eric Lemattre
Published on 12 octobre 2026 13h47
Pour quitter une location meublée utilisée comme résidence principale, le locataire doit respecter un préavis d’un mois. Il peut donner congé à tout moment, sans expliquer son départ. La date d’envoi du courrier ne suffit toutefois pas à lancer le délai : celui-ci commence lorsque le bailleur reçoit une notification valable. Cette distinction peut modifier la date de fin du bail et le montant du dernier loyer.
Une location de vacances ou une occupation de courte durée hors résidence principale suit ses propres clauses contractuelles. En cas de doute sur la qualification du bail, l’ADIL peut apporter un éclairage gratuit et local.
Le préavis d’un mois en location meublée : la règle à retenir
L’article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que le locataire d’un logement meublé peut résilier son bail avec un préavis d’un mois. Aucun motif, justificatif professionnel ou familial n’est exigé. Le locataire peut donc quitter le logement à tout moment pendant le bail, à condition de notifier correctement son congé.
Cette règle distingue le bail meublé du logement vide, pour lequel le délai est généralement de trois mois, sauf situations permettant une réduction. Le contrat signé, et non la seule présence de meubles, permet d’identifier le régime applicable.
| Situation | Préavis du locataire | Point d’attention |
|---|---|---|
| Location meublée, résidence principale | 1 mois | Départ possible à tout moment, sans motif |
| Location vide | En principe 3 mois | Réduction possible dans certains cas ou zones |
| Bail mobilité | 1 mois | Contrat de 1 à 10 mois, non renouvelable |
| Bail étudiant meublé | 1 mois | Contrat habituellement conclu pour 9 mois |
| Location saisonnière | Selon le contrat | Les règles du bail d’habitation ne s’appliquent pas automatiquement |
La réception du congé déclenche le délai, pas son expédition
Le préavis court à compter de la réception effective du congé par le propriétaire, de sa signification par un commissaire de justice ou de sa remise contre récépissé. Envoyer une lettre recommandée le 3 mai ne suffit donc pas à faire partir le délai ce jour-là si elle est reçue le 7 mai. Dans cet exemple, le préavis se termine le 7 juin.Les trois moyens de notification à privilégier
- La lettre recommandée avec accusé de réception : elle est pratique, à condition d’anticiper les délais postaux et de conserver la preuve de réception.
- L’acte de commissaire de justice : la date de signification sécurise la démarche, notamment lorsque les relations avec le bailleur sont tendues.
- La remise en main propre : elle doit impérativement être faite contre émargement ou récépissé daté et signé par le bailleur ou son mandataire.
Calculer une date de fin sans se tromper
Un mois de préavis se calcule de date à date. Un congé reçu le 8 février prend fin le 8 mars. S’il est reçu le 31 janvier, l’échéance intervient le 28 février, ou le 29 février lors d’une année bissextile, faute de 31e jour. Il ne faut donc pas confondre ce délai avec une période fixe de 30 jours. La même logique s’applique aux autres mois. Un congé reçu le 8 avril prend fin le 8 mai. Le calendrier du mois de départ et l’existence éventuelle d’une date correspondante déterminent l’échéance. Attention aussi au courrier recommandé non retiré. Lorsque le bailleur ne va pas chercher l’avis de passage, le délai ne démarre pas simplement à la première présentation. Pour éviter qu’un congé soit bloqué, la remise contre récépissé ou le recours à un commissaire de justice peut être préférable lorsque la réception paraît incertaine.Loyer, charges et dépôt de garantie : ce qui reste dû jusqu’au départ
Le locataire reste redevable du loyer et des charges pendant toute la durée du préavis, même s’il déménage avant son terme. Si le préavis s’achève en cours de mois, le dernier loyer est calculé au prorata du temps concerné. Par exemple, une fin de préavis le 10 d’un mois appelle un paiement correspondant à la période allant du 1er au 10, selon la méthode de calcul prévue et appliquée au bail. Quitter les lieux plus tôt ne met donc pas automatiquement fin à l’obligation de paiement. Une exception existe si le propriétaire reloue effectivement le logement avant l’échéance : il ne peut pas percevoir deux loyers pour la même période. Obtenez une confirmation écrite de toute date de reprise anticipée ou de tout accord sur la libération des lieux. Le dépôt de garantie ne remplace jamais le dernier loyer. Le locataire doit régler les sommes dues normalement, puis attendre la restitution du dépôt après la remise des clés et l’état des lieux de sortie. Il est restitué sous un mois lorsqu’aucune dégradation n’est constatée et que les conditions sont réunies. Ce délai peut aller jusqu’à deux mois lorsque des retenues justifiées sont nécessaires.Organiser la sortie pour limiter les retenues
- Fixez une date d’état des lieux de sortie avant ou au plus tard lors de la remise des clés.
- Comparez chaque pièce avec l’état des lieux d’entrée et photographiez les compteurs ainsi que les éléments sensibles.
- Nettoyez le logement et rassemblez toutes les clés, les badges et les télécommandes.
- Communiquez votre nouvelle adresse au bailleur pour la restitution du dépôt de garantie.
